Le Jardin des Ombres : soigner ce qu’on ne peut pas nommer

Accompagner la Fatigue Qui Colle au Corps

Il y a des fatigues qui ne partent pas avec une nuit de sommeil.
Des lourdeurs qui s’installent dans les membres, qui épaississent les journées et rendent chaque
geste plus dense, comme si l’air lui-même était devenu trop compact.

Ce n’est pas la fatigue des muscles qui ont travaillé, celle-là est franche, elle appelle le repos.
C’est une autre lassitude, plus diffuse, plus grise : celle qui colle, qui s’infiltre dans les pensées, qui
pèse sur les épaules.
Certains praticiens disent alors que l’énergie « ne circule plus ».
Le feu intérieur, cette flamme qui réchauffe et anime, s’est réduit à une braise discrète.
Pas tout à fait éteinte, mais presque.
Pour cela, les anciens savaient qu’il fallait des plantes qui soufflent doucement sur les braises, sans
allumer d’incendie.

En aromathérapie, certaines huiles portent encore cette étincelle.

L’épinette noire, avec son parfum de forêt fraîche, réveille les profondeurs en douceur.
Son parfum vert et sec agit comme une marche en forêt : il ne force pas mais il remet doucement en mouvement.

Le pin sylvestre, qu’on récolte encore en Savoie ou dans les Landes, redresse.
Il porte en lui la verticalité des grands arbres. Son odeur claire réveille la colonne intérieure, celle
qui nous tient debout.
On le sent, et déjà les épaules se redressent, presque malgré soi.

Et puis il y a le romarin à cinéole, plante solaire, qui pousse de façon spontanée en Afrique du Nord.

Les médecins de Salerne, au Moyen Âge, disaient qu’il « réjouit le cœur ».
Son odeur est claire, presque coupante est reconnaissable par la présence du camphre : il apporte de
la lumière dans les jours brumeux.

Ces huiles-là, on les respire par petites touches.
On les masse, diluées, sur le bas du dos. C’est la « porte de la vitalité » en médecine chinoise.
Ou sous les pieds pour ancrer doucement.
Ce ne sont pas des excitants.
Elles ne camouflent pas la fatigue comme le fait une tasse de café.
Elles soufflent sur les braises, invitent le feu intérieur à reprendre un peu de force, à circuler de
nouveau dans les veines.

Dans les Landes, les pins attendent.
Ils gardent leurs graines jusqu’au jour où le vent se lèvent.
Rien ne presse : ils savent que le moment viendra.
Et c’est ce que murmurent ces parfums au corps fatigué :
Tu n’es pas brisé.
Tu es en pause.
Et peu à peu, par le souffle, par le mouvement retrouvé, tu peux recommencer à habiter ta propre
chaleur.
Pas en courant plus vite.
Mais en rallumant, patiemment, le foyer au centre.

Entourer le Chagrin Qui Flotte sans Cause

Il y a ce que le regard capte, les épaules affaissées, les yeux fatigués
et il y a ce que personne ne voit : à l’intérieur de soi, le vide.
J’ai marché un jour le long des champs d’amandiers, en fleurs.
Tout était blanc, gonflé de promesses.
Mais dans la poitrine, cela ne répondait pas.
Le printemps autour, l’hiver dedans.
Il y a des jours où le corps devient le lieu du chagrin.
Pas le chagrin vif, celui qui pleure bruyamment.
Mais celui qui s’installe en silence.
Il appuie sur le haut de la poitrine, il se loge sous le sternum, il resserre la gorge.
Dans ces moments, il n’y a rien à « régler ».
Le cœur ne se répare pas comme un moteur.
Mais il peut être accompagné, doucement, pour qu’il respire un peu mieux, pour qu’il ne se ferme
pas tout à fait.

Certaines plantes sont les alliées de ces douleurs-là.

Le ciste ladanifère, arbuste méditerranéen, donne une huile épaisse, presque balsamique.
Son parfum, profond, a une réputation : celle de « recoller » les morceaux.
Pas en effaçant les traces mais en rassemblant ce qui est éparpillé.
Dans les campagnes andalouses, on le brûlait pour purifier les maisons après un deuil.

Il y a aussi le bois de santal, précieux et rare, qui vient d’Inde ou d’Australie.
Son parfum crémeux, presque lacté, a cette capacité étrange de ramener l’attention du mental, qui tourne en boucle, vers le bas du ventre, là où le souffle peut recommencer à circuler.
Quand on le respire, c’est comme si la poitrine pouvait s’élargir de nouveau.

Et puis il y a la rose de Damas, distillée en Bulgarie, en Turquie ou dans la vallée du Dadès au
Maroc.
Son parfum, à lui seul, est un geste, un art.
Il ne console pas comme on dirait à un enfant : « ce n’est rien ».
Il dit plutôt : « je te vois ».
Il enveloppe, il reconnaît la peine et c’est cette reconnaissance qui permet à la douleur de se
dénouer un peu.

On pose ces huiles sur le plexus solaire, diluées dans une huile douce, à la base du cou ou sur la
face interne des poignets.
On les respire en fermant les yeux, sans chercher à chasser quoi que ce soit.
Seulement pour offrir au chagrin un espace où il peut respirer.

Dans la Drôme, on dit que la rose ne fleurit pas sans le froid de l’hiver.
C’est peut-être cela, aussi, que ces plantes nous enseignent :
Le chagrin ne disparaît pas par la force.
Mais il peut, peu à peu, se transformer.
Non pas en oubli.
Mais en une forme plus légère, qui permet de marcher encore.
Et de respirer, un peu plus largement, à chaque pas.

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Elodie Laurent, rédactrice, artiste, thérapeute psycho-corporelle et intuitive propose une thérapie
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